Parfois, la vie tient à un coup de sifflet. Le sifflet d’un train, le sifflet d’un arbitre, le sifflet du maître qui rappelle son chien et tellement d’autres encore. Je vis dans une maison de banlieue avec Maman, Papa et mon petit frère Léo. Maman me dit que j’accroche les mots quelques fois. Maman et Papa travaillent et Léo fait que me suivre partout. Maman dit que je suis sa grande sœur alors j’ai des réponses à débilité.

On y arrive par un chemin blanc, le cerfeuil sauvage y fait pétiller le mois de mai comme autant de bulles de champagne. Deci, delà, des alliaires, de la consoude, des stellaires, une orchidée parfois aussi. Des plantes qu’on ne regarde plus, masquées d’ordinaire.

L’escargot à cela d’exemplaire qu’il a pris le parti de se dire que le chemin vaut plus que l’arrivée. Fort de ce constat et suite à ma conversation imaginaire avec moi-même, il me semble d’importance que de revenir sur ce mot abruti et comment je l’envisage. Loin d’être une insulte entre mes lèvres, c’est le constat d’une situation. Je développe.
Je fus, je suis et je serais encore régulièrement un abruti, un ahuri, un abasourdi. Je suis abruti de stimuli extérieurs. Qu’ils soient sonores, visuels, tactiles, odorants, ils emplissent toutes mes pensées et quand je suis dans cet état, je ne sais plus réfléchir.