Parfois, la vie tient à un coup de sifflet. Le sifflet d’un train, le sifflet d’un arbitre, le sifflet du maître qui rappelle son chien et tellement d’autres encore. Je vis dans une maison de banlieue avec Maman, Papa et mon petit frère Léo. Maman me dit que j’accroche les mots quelques fois. Maman et Papa travaillent et Léo fait que me suivre partout. Maman dit que je suis sa grande sœur alors j’ai des réponses à débilité.

Bon … là, c’est grave. Les mecs sont en train de dire qu’il faut bloquer l’activité biologique du sol pour séquestrer le carbone dans les arbres morts. Ok champion ! Sur quel support un arbre pousse ? Un sol vivant ! On en fait quoi de tous ces arbres morts ? Parce que si on en fait du bois-énergie, on a raté un truc. T’as remarqué que taré, c’est l’anagramme de raté ?

On y arrive par un chemin blanc, le cerfeuil sauvage y fait pétiller le mois de mai comme autant de bulles de champagne. Deci, delà, des alliaires, de la consoude, des stellaires, une orchidée parfois aussi. Des plantes qu’on ne regarde plus, masquées d’ordinaire.

Je me suis décidé à y aller. Décidé à trouver l’arbre qui cache la forêt. Le trouver ou tordre le cou à cette légende ridicule. Je me suis renseigné un peu. J’ai lu quelques livres et j’en ai discuté avec les anciens. Je sais que tout le savoir n’est pas consigné dans les livres. Je sais aussi que la transmission orale, à travers les contes et les chants est réelle. Même si elle s’est embellie au fil des siècles. Le socle véridique reste entier. L’approche scientifique triomphera.