Mirez-vous ?

Un seul éclat de vous et je suis chamboulé. Quel charme fut jeté ? C’est à en devenir flou. Les herbes deviennent des secondes et les ombrelles deviennent des années. Elles s’amusent, frivoles, à se balancer, danseuses captives de la ronde. Votre sourire m’aiguille, me berce et apaise ma folie, fiévreuse balançoire. Allons jusqu’au bordPoursuivre la lecture de « Mirez-vous ? »

L’expertise

Une question me taraude car, si je conçois ce qu’est un expert, une experte, je reste dans l’expectative pour son opposé ou sa négation. Devons-nous dire un impert, une imperte ? L’impertinence est-elle son dogme ? si un expert porte un impert, est-ce qu’ils s’annulent ? Un peu d’étymologie. Les mots sont des briques élémentaires.Poursuivre la lecture de « L’expertise »

Au bal des dupes

C’est, à petits pas, que nous nous approchons de l’orchidée abeille et de sa floraison. Avant qu’elle ne déploie toute l’ingéniosité et l’ingénierie dont elle a le secret, Il est aisé de passer à côté, voire même de la piétiner. Alors, imaginez quand on tond le gazon. On décapite la future floraison. C’est vrai qu’ellePoursuivre la lecture de « Au bal des dupes »

Rose, irais-je ?

La vie est une roseraie. D’aucuns n’y verront qu’épines et s’empresseront de s’y blesser, pointant du doigt la pointe assassine, demandant à chacun de le plaindre alors qu’il ne fait que feindre. D’autres n’y verront que roses toutes juste fardées. S’aveuglant encore et plus que jamais. Vantant les parfums mais sans jamais, au grand jamaisPoursuivre la lecture de « Rose, irais-je ? »

Givres

Lorsque nous sommes allés jusqu’au bout de cette jetée, dans un blanc matin de février, j’osais à peine te regarder de peur que le charme ne cesse, de peur que tu ne disparaisses. Je me tenais à tes côtés, juste un peu en retrait. Tu voulais voir si le ciel touchait le lacet si l’airPoursuivre la lecture de « Givres »

Óneiroi

J’ai envie de te cueillir le ciel, de t’en faire un coffret, un bijou, une étincelle. Comme on accroche, alangui, des fleurs aux épaules des filles. Au creux de ton cou, j’ai envie de te murmurer des mots fragiles, des mots tranquilles. À l’orée de ta joue, j’ai envie de m’enivrer de ton parfum subtil,Poursuivre la lecture de « Óneiroi »

Ad personam

Il avait sorti sa dernière clope. Un peu comme son dernier espoir. Il tapotait ses poches et cherchait de quoi l’allumer. Tout sonné qu’il était. Il s’était assis à même le trottoir. Il se foutait pas mal des autres et de leur regard. Quand il avait appris la nouvelle, il avait voulu prendre l’air dansPoursuivre la lecture de « Ad personam »

Un drôle de voyage

Le froid tombait dehors et moi dans l’ennui Nous étions de visite chez pépé et mamie et pourtant, du haut de mon jeune âge, quatre murs, ce n’est pas un paysage. Voyant cela, une voix tonna. On irait ramasser des chats teignes, avait dit le colosse qui me servait de pépé. Je me gausse. QuellePoursuivre la lecture de « Un drôle de voyage »

Épiphanie

Je m’adosse aux murs d’un ancien temple érigé pour le don de l’amour mais pas pour qu’on lui rende La ruine de Rome et la perce-muraille me contemplent Elles, c’est la pluie qu’elles attendent. Ce lieu, abandonné des hommes construit à la gloire d’un paradis, éphémère décorum Ce lieu, tas de pierres inanimé Il est,Poursuivre la lecture de « Épiphanie »

Vanessa atalanta

De tes autres jolis noms, le vulcain ou l’atalante, tu as tout du commun. On te croise aux jardins fleuris et ta jeunesse au berceau des orties. Tu te dodelines chenille, livrée de noire et flanquée de jaune. Parée d’épines, pareille à une étrille, y a-t-il des sylphes à peigner dans ta faune ? TePoursuivre la lecture de « Vanessa atalanta »