Tu es arrivé au bout du truc et tu t’étrangles que les autres ne puissent comprendre l’évidence. C’est si clair pour toi. Pour les autres, tu es un énième porteur de parole, un énième apôtre. Un qui sait mieux que tout le monde ce qui vaut, ce qui fait loi.

L’escargot à cela d’exemplaire qu’il a pris le parti de se dire que le chemin vaut plus que l’arrivée. Fort de ce constat et suite à ma conversation imaginaire avec moi-même, il me semble d’importance que de revenir sur ce mot abruti et comment je l’envisage. Loin d’être une insulte entre mes lèvres, c’est le constat d’une situation. Je développe.
Je fus, je suis et je serais encore régulièrement un abruti, un ahuri, un abasourdi. Je suis abruti de stimuli extérieurs. Qu’ils soient sonores, visuels, tactiles, odorants, ils emplissent toutes mes pensées et quand je suis dans cet état, je ne sais plus réfléchir.

Que dire ? Que penser ? Partout sur la toile, traînent des phrases comme celles-ci. Elles se veulent porteuses de vérité. Elles nous enjoignent dans un mouvement fédérateur autant que positif. À priori, c’est inspirant. À priori, car ce prêt-à-penser, véritable dispensaire à pensées profondes, apologie des Yfo-yaka, est un poison lent. Distillons mes bons !

Je me suis décidé à y aller. Décidé à trouver l’arbre qui cache la forêt. Le trouver ou tordre le cou à cette légende ridicule. Je me suis renseigné un peu. J’ai lu quelques livres et j’en ai discuté avec les anciens. Je sais que tout le savoir n’est pas consigné dans les livres. Je sais aussi que la transmission orale, à travers les contes et les chants est réelle. Même si elle s’est embellie au fil des siècles. Le socle véridique reste entier. L’approche scientifique triomphera.