Il était une Foi, moi. J’étais entouré d’objets et perdu comme jamais. Le chant de l’oiseau m’agressait quand le ronron de la ville m’apaisait. Quelle drôle d’idée. Je ne connaissais rien du vivant et je m’engonçais de béton. On m’avait donné des bagages et une direction. On m’avait dit : Va par là, tu seras heureux. On m’avait montré l’horizon. Personne ne m’avait dit que c’est une ligne imaginaire.

L’escargot à cela d’exemplaire qu’il a pris le parti de se dire que le chemin vaut plus que l’arrivée. Fort de ce constat et suite à ma conversation imaginaire avec moi-même, il me semble d’importance que de revenir sur ce mot abruti et comment je l’envisage. Loin d’être une insulte entre mes lèvres, c’est le constat d’une situation. Je développe.
Je fus, je suis et je serais encore régulièrement un abruti, un ahuri, un abasourdi. Je suis abruti de stimuli extérieurs. Qu’ils soient sonores, visuels, tactiles, odorants, ils emplissent toutes mes pensées et quand je suis dans cet état, je ne sais plus réfléchir.

Que dire ? Que penser ? Partout sur la toile, traînent des phrases comme celles-ci. Elles se veulent porteuses de vérité. Elles nous enjoignent dans un mouvement fédérateur autant que positif. À priori, c’est inspirant. À priori, car ce prêt-à-penser, véritable dispensaire à pensées profondes, apologie des Yfo-yaka, est un poison lent. Distillons mes bons !

Qui aime veut comprendre et l’étymologie s’est imposée d’elle-même. Maniaquerie pour certains, cette discipline a l’avantage de la gymnastique archéologique. L’origine d’un nom est souvent la contraction de son usage. Par exemple, le pinceau, ça pince l’eau et un râteau rate à ramasser l’eau. Étonnant non ?