L’atmosphère dans la pièce était lourde. Les mouches, si elles existaient encore, n’auraient pas pu y voler. J’étais assis dans le siège réservé aux visiteurs. Le bureau était grand sans être immense. Un lourd fauteuil capitonné bordeaux fatigué allait de paire avec un bureau de bois tout aussi fatigué. Sur une étagère à trophées, à droite de l’unique fenêtre minuscule, finissait de mourir une misère. De l’autre côté, des étagères pleines de livres. Je n’en avais jamais vu autant. Tout ça marinait dans un parfum d’alcool bon marché et de sueur de nuits blanches.

Il accueillait le café d’un sourire fatigué. Il soupira :
« – Bon, je vous écoute. Soyez bref, ça me changera.