Apnée

Quand c’est le matin et que mes paupières
refusent de laisser entrer la lumière,
quand mon corps tout entier
est incapable de bouger

Prisonnier entre sommeil et réel
Il se passe de longues minutes telles
des ombres qui grandissent au couchant de la veille.
Toutes semblables, uniformes. Toutes pareilles.

Toutes drapées de noir et portant le deuil.
Quand enfin, je parviens à entrouvrir un œil,
je vois Octobre accroché aux branches
que le soleil, timide, embrasse d’une douce lumière blanche

Je me dis qu’au moins le soleil est attentionné.
Quand mon corps ne croit plus être passé sous un marteau-pilon,
alors je n’ai plus froid. La couette n’est plus de plomb
et je peux m’en échapper. Ça va être une belle journée

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