Vanessa atalanta

De tes autres jolis noms, le vulcain
Ou l’atalante, tu as tout du commun
On te croise aux jardins fleuris
Et ta jeunesse au berceau des orties

Tu te dodelines chenille
Livrée de noire et flanquée de jaune
Parée d’épines, pareille à une étrille
Y a-t-il des sylphes à peigner dans ta faune ?

Te voilà papillon rehaussé de rouge, de brun, de blanc
À tes ailes déployées, tu arbores la trace d’un baiser
Tu aimes le fruit trop mûr, presque alcoolisé
Ton amour du baiser, de l’ivresse est troublant

Et pourtant, dès l’automne venu, c’est le trou noir
J’ai beau t’espérer, tu as disparu au souffle d’un soir
Le froid te chasse et tu pars te blottir aux faveurs du sud
Alors je t’attends dans cet hiver que j’espère pas trop rude.