Obcaecatis

Les bouteilles n’ont plus le goût de rien
et les couleurs se sont fait la belle.
Les oiseaux aussi sont partis à tire d’elle.
Il n’y a plus rien dans le ciel, plus rien d’aérien.

Mon cœur et ma tête
ne sont pas d’accord.
Ils se disputent à savoir qui a tort
et qui a raté la recette.

Mon âme, pourtant si charitable,
n’en peut plus de me voir si affable.
Je m’assomme tant que je peux au mur du silence
et pourtant rien ne me console de son absence.

Dormir, je l’ai déjà fait
et les rêves sans sommeil
s’enchaînent sans pareil
jusqu’à confondre la réalité.

J’ai parlé aux arbres fantastiques,
aux empereurs, comme aux domestiques
et même jusqu’aux derniers des martyrs,
tous me disent laisse-la partir.

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