Que ma joie demeure

Et si le partage, c’était faire la part de l’âge ?
N’est-ce point là histoire de savoir-faire ?
Encore que celui qui excelle dans l’affaire,
ce n’est pas l’adulte. C’est l’enfant en bas âge.

Il ne connaît pas encore la notion
de propriété ni même celle de compétition.
Son empathie est invariablement innée.
Il a ce formidable mouvement spontané

de reconnaître en l’autre, lui-même.
Il ne saurait se satisfaire de la douleur
de l’autre ni seulement son germe
ni même non plus de l’ombre de son malheur.

Et puis, on grandit, on s’agite,
on s’inquiète, on palpite
on croit comprendre mais sans mûrir.
On devient avide de remplir

un vide qui ne se comblera que dans le don.
En désespoir, on se cherche un dieu pour obtenir le pardon.
La réponse était là depuis le début. Il faut le faire par don.
C’est paradoxal, non ? Atteindre l’abondance par l’abandon.