À l’auberge sans nom

C’était une auberge modeste,
nul besoin d’y porter la veste.
Perdue dans un hameau coquet
qui s’ouvrait sur les forêts.

Nous nous y trouvions attablés.
Nous nous partagions les mets,
nous suspendions les heures.
J’y ai connu de merveilleuses saveurs.

Nous mêlions nos doigts comme on jongle.
Elle aimait jouer avec le bout de mes ongles
en se mordillant la lèvre inférieure.

La tête légèrement penchée, l’œil rieur.
Elle commandait un américano,
je me prenais pour Cyrano.

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