Anémo

Depuis que je t’ai vue, je ne me souviens plus
où j’habite ni ce que je fais. Je suis en orbite.
Je me souviens juste, qu’alors, il avait plu.
Je me souviens juste, qu’alors, j’étais en déficit.

Je lis mes assiettes. Je mange mes livres.
Je repasse mes chaises. Je m’assois sur mes chemises.
J’espère les oiseaux pour qu’ils me délivrent
de cette vie d’avant qui ne connaissait pas Alize

Je ne sais plus comment je vis
Je ne sais plus comment je m’appelle
Je ne sais plus si je rêve mais j’ai envie
de te voir, tellement t’es belle

Je plane à dix mille
Tout m’amuse, tout me fait rire
Rien n’est grave, rien ne me bile
Rien ne m’effraie sous ton sourire

Hier encore, je me traînais.
J’avais mille ans et plus aucune envie.
Les nuages lourds, la pluie qui m’écrasait.
Aucune vue sur le ciel, encore moins sur le paradis.

Mais plus maintenant, pas aujourd’hui.
Je veux écrire nos noms sous un parapluie.
Te voir danser. Troquer nos manteaux contre des ombrelles.
T’entendre faire voler tes rires comme des hirondelles.

On se fera des escaliers de pissenlits.
On se faufilera derrière la nuit.
On ira se regarder dans le fond des yeux.
On ira se perdre jusqu’au fond des cieux.

On ira croquer dans les nuages.
On plongera dans le bleu du ciel.
Y a pas moyen que je fasse naufrage,
que ce ne soit qu’un rêve. C’est toi, ma providentielle.