Ritournelles

Comment un esprit obnubilé par la liberté peut-il être qualifié de borné ?

Si nous pouvions entrer dans l’esprit de certains, il faudrait certainement ramper. Tellement c’est bas de plafond.
Pourquoi dit-on d’un esprit fermé qu’il est obtus ? Un angle obtus est un angle ouvert. Un angle aigu est un angle fermé. Pourtant, on dit d’un spécialiste qu’il est pointu. Alors est-ce un esprit fermé ?
On qualifie de con tout individu qui n’est pas en adéquation avec nos valeurs ou dans l’incapacité de les comprendre. Il faudra se demander si nous, nous sommes intelligibles …
On dit de quelqu’un de connu qu’il est illustre. C’est très bien, mais dit-on cela car il a son image partout ? Il est illustré. Ou bien est-ce parce que la renommée le fera vivre par-delà le siècle, qui l’extrait de l’usure des lustres. Il est illustré ? Ou bien encore car sa célébrité a placé un vernis sur le personnage et qu’a force de lustrage, il illumine. Il est illustre ? À moins que sa notoriété soit si inspirante, si rayonnante, si porteuse de lumière qu’elle se suffit à elle-même ? Quand il entre dans une pièce, nul besoin de supplément de lumière. On descend les lustres du plafond. Il est illustre.
Dans l’inconscient populaire, pour que le ciel soit parfait, il faut qu’il soit bleu or c’est désespérant. Comment laisser l’âme vagabonder sans qu’elle puisse jouer dans l’exubérance du nuage ? Et que serait ce ciel bleu sans l’herbe verte pour s’y allonger, un brin d’herbe entre les lèvres et les grillons pour toute radio ? Sans l’ombre sylvestre amicale ? Sans le rouge de la robe qui virevolte alentour ? Sans la couleur des rires qui montent aux nues ? Sans la bise légère qui lève les appétits ? Que c’est triste le monochrome. Un ciel sans nuage est un ciel qui n’a rien à raconter.

Quand certains se congratulent de leur sens de la formule, je m’accroche à la formule du sens.

Le bien pansant n’est pas toujours le plus enclin à la course digestive alors discourir, pensez donc.