« Galaxie » est un dérivé d’un mot grec qui veut dire lait.

Je vais parfaitement bien et vous ? Je vous remercie de vous poser la question. Pourquoi ce titre fantasque ? C’est pour la perte du sens premier. Un peu comme la magie de l’informatique, du numérique, du digital ! Bon calmons-nous, digital, ça veut dire doigt. Ça perd de sa sublime n’est-ce pas ? On en revient toujours et encore au mot et à son sens. Tout ça reste nébuleux. Je vous rassure, je vous épargnerai l’origine des mots cosmogonie ou panspermie mais ça à un rapport avec un rapport.

Je me suis dit qu’une discussion imaginée pourrait apporter de l’eau au moulin sur ce sujet qui me fascine. Pourquoi avons-nous autant de mal à accepter un changement ? Si il était régressif, je comprendrai mais même quand il est positif, c’est délicat. Il est vrai que la victoire est conservatrice quand l’échec est novateur. Mais qu’en est-il quand ce qu’on tenait pour vrai ne l’est plus ? Il faudra bien séparer le grain de l’ivraie.

Voici donc un dialogue fantasmé et bien loin de prétendre au niveau de Platon. Dialogue sur un sujet passionnant :

La communication existe ailleurs que chez l’humain, ailleurs que chez l’animal.

C’est une dimension extraordinaire et un sujet difficile car cela décentre encore un fois l’humain de sa sacralité. On pensait être l’être unique et le plus important sur un monde au centre de tout. Bon, au final, la terre tourne autour du soleil. On a cru notre système solaire au centre de tout. Perdu encore, nous sommes dans un galaxie parmi d’autres. Nous ne sommes même pas au centre de notre galaxie mais sur la bordure. Le centre est, très probablement, occupé pas une singularité gravitationnelle. Un trou noir ! Qui est tout sauf un trou d’ailleurs. Je le visualise comme un aimant gigantesque qui gagne en attractivité à chaque fois qu’il gagne en masse. En voilà du grain à moudre car la question substantielle reste au niveau de notre compréhension.

Notre compréhension est limitée par notre référentiel analogique. Nous avons ce mécanisme de pensée qui nous fait comparer une chose à une autre que l’on connaît. C’est une acquisition comparative et ça marche très bien la plupart du temps mais ça a aussi ses limites. Cette idée de rideau, de feuille, de dimension plane perdure encore de bien des façons et dans bien des domaines. Je me pencherai sur le domaine de la communication et de la barrière de l’acceptation. Essayons l’approche sans nous faire rouler dans la farine.

Posons le décor. Jean-Saturnin d’un côté et Anatole de l’autre. L’un a passé sa vie à étudier et travailler avec les plantes et l’autre vient d’arriver dans la discipline. Ils sont amis et tombent sur un article sur les processus de communication des plantes et des champignons. Jean-Saturnin s’exclame :

— Ah bon … mais alors tout communique en fait ??? C’est n’importe quoi.

— Mais non pas tout. Juste le vivant. Ne sois pas dans le déni.

— JE NE SUIS PAS DANS LE DÉNI ! C’EST N’IMPORTE QUOI ! C’EST TOUT !

— Tu sais, la colère n’y changera rien.

— Nan mais soyons sérieux ! C’est complètement ridicule cette idée. Soyons raisonnable. Tu te rends compte de l’énormité du truc ?

— Allons bon, le marchandage maintenant. Se voiler la face, n’y changera rien. Que tu refuses de voir les choses ne vont pas les faire disparaître. C’est ce que j’apprécie avec la science. Que tu l’acceptes ou non, les faits sont là.

— Mais je … alors tout ce que j’ai appris jusqu’ici et ce que j’ai bâti sur ces connaissances sont perdues. C’est une catastrophe.

— Sois pas déprimé. La connaissance humaine n’est pas absolue. Ça ne fait pas de toi une mauvaise personne ou un raté. Rester sur tes aprioris et préjugés par contre, oui. L’intelligence, c’est la capacité d’adaptation. Regarde les nouvelles possibilités.

— Oui mais quand même, c’est un peu raide. Je vois déjà arriver les tarés de l’écologie avec les nouveaux arguments.

— Il y aura toujours des extrémistes et d’autres qui nient tout en bloc de crainte de voir leur monde s’écrouler. Voudrais-tu bien répondre à une question ?

— Qu’est-ce que tu vas encore me sortir comme truc tordu ?

— D’après toi, est-ce normal qu’on doive protéger l’environnement contre nous-mêmes ?

— Bien sûr que oui ! Attends voir … je sens bien que t’essaies de me dire un truc …

— Imaginons que nous arrivions à une société qui respecte son environnement, dans ce cas, nul besoin de protection. Es-tu d’accord ?

— Oui, je n’avais pas vu ça comme ça…

— C’est le mot « normal » qui te chagrine ?

— Oui, puisque tu l’as utilisé exprès…avoue ! Tu savais que je me devrais d’y adhérer. Je n’aime pas trop ce genre de manœuvre.

— Ok, ok. Oui, tu as raison. C’était pour illustrer la magie des mots. L’humain est un monstre d’ignorance qui ravage tout. En revanche, quand il commence à connaître, il sait prendre soin. Quitte à faire voler en éclat tout ce qu’on lui a inculqué jusque-là. L’humain est un être intelligent, il sait s’adapter à la réalité pour le peu qu’il ait les mots.

Sortons du pétrin. Pour qu’une idée lève, elle a besoin de levain. Alors et pour le besoin du dialogue, j’ai utilisé et accéléré le processus de deuil de Jean-Saturnin que sont : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. J’ai également forcé le trait d’Anatole. Il est presque antipathique. Un espèce de je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde. Cet essai se veut une ouverture à l’interrogation. Personnellement, je déteste prendre une baffe. Dire à l’autre qu’il a tort sans aucun tact, c’est la même chose. Il y a peu de chance qu’il adhère. Ainsi se clôt l’élucubration. Vous conviendrez que ça ne mange vraiment pas de pain.


Ci-dessous, l’article en question.