Arbre

S’il est bien d’un domaine que je puisse affirmer,
c’est celui de l’arbre, cet énergumène. Je puis vous l’assurer.
D’abord mon refuge des enfances bouquinières,
il devint le support de mes frasques aventurières.

Quel tempérament il avait, de me supporter ainsi.
Mon échelle tu étais, mon invisible ami.
Tu m’as permis de sentir la vie comme jamais
alors qu’on te domptait, qu’on t’enfermait.

Qu’il m’a fallu du temps pour jeter mes œillères.
Qu’il m’a fallu du temps pour te voir mon pauvre frère.
Toi qu’on a planté là, vulgaire lampadaire.

Toi qu’on a jeté là mais bouge stupide frère !
Ne te reste-t-il aucune fierté mon ami magnanime ?
Pourquoi je désespère, alors, de ne voir aucune racine ?