À quoi ça rime ?

Depuis le jour où nous avons cessé de donner de la valeur à la poésie, nous avons tourné le dos à notre humanité. Depuis le jour où être « un dur » fut un modèle à suivre, nous avons bâti notre échafaud. Depuis, nous nous enfonçons un peu plus chaque jour dans l’indifférence et l’inertie. Du puits, nous sortirons-nous ? Où sommes-nous devenus des coeurs de pierre ? Des esprits figés ?

Être obligé de passer par un argumentaire de l’utilité pour espérer une tolérance. C’est effroyable comme vision du monde. Il faut être utile pour gagner son droit de vivre ? Si nous demandions à l’arbre s’il voulait venir en ville … le voudrait-il ?

Si c’est utile, c’est exploité. Si c’est vital, c’est respecté.

L’arbre est un garde-fou vital pour l’humain dans sa cité de pierre artificielle. Ne serait-ce que pour lui rappeler que les saisons passent. Que l’horizon, c’est autre chose que des falaises de béton à perte de vue. Comme une photo jaunie, comme un arrière-plan, une couleur diffuse, un bruit à peine audible, un vertige.