Ainsi soit-il

« Quand je vois le monde d’aujourd’hui,
j’envie le monde d’hier et je crains pour celui de demain »

C’est avec émoi que nous lisons ces mots
et nous nous disons : « je pense cela avec écho ».

Déstructurons ! Le voulez-vous ?
Que voulait-il transmettre, lui ?
Était-il, de sa vie, au soir ou au matin ?

L’auteur nous fait part de son inquiétude quant :
– à l’écoulement du temps.
– à l’évolution du monde.
– à l’écart entre ses valeurs et le reste du monde.

L’auteur se place en spectateur et avoue
son absence d’action mais se plaint
que personne ne fasse rien.

C’est le monde d’hier qui a fait le monde d’aujourd’hui.
Aussi sûrement que celui d’aujourd’hui
fera le monde de demain.

Nous avons tendance à nous souvenir des bons moments,
voir à les sublimer et à oublier ou amoindrir les autres,
sauf traumatisme bien évidemment.
Ne jouons pas les apôtres.

De même que l’Histoire est écrite par les vainqueurs.
Ils se proclameront toujours les sauveurs.
il serait malhabile de se baser sur nos seuls souvenirs
car ils sont liés à ce qu’on peut ressentir.

Le passé est réconfortant
puisqu’il est connu à contrario du futur incertain.
L’inconnu est effrayant.

L’auteur dit qu’il voit le monde,
pas qu’il le regarde. Ce pourrait-il qu’il confonde ?
Cela dit, il est bien question de perception
des choses et donc de leur interprétation.

Notre état d’esprit joue sur notre perception.
C’est le besoin de cohérence de notre cerveau.
Il donne à notre monde une acceptable dimension.
Il approche le monde à notre niveau.

Tout comme l’alchimie qui tentait de changer le plomb en or,
l’esprit peut suivre cette quête du trésor.

Sentir, en chaque chose, un joyau inestimable
quand nous n’y voyons qu’ordinaire et déchet.
Quand nous ne regardons plus selon l’utilité
qu’elle pourrait nous être mais comme un être entier.

Alors nous saurons que le Monde n’est pas l’humain.

Lui qui gesticule, persuadé d’être au dessus
de tout et s’épuise à s’exploiter sans plus de vertu.
Croulant sous son orgueil et tendant une dernière fois
une main tremblante vers un Paradis d’autrefois.

Se rêvant d’opinions hautes
et bafouant ses propres lois.
Pestant et rejetant, sur tous, les fautes
qui sont les siennes, son fardeau, sa croix.

Celles-là même qui l’empêchent d’avancer.
Celle-là même qu’il s’était confectionnée.