De l’intérêt de la multiplication des points de vue dans l’approche d’une réalité polymorphe

« Je te vois alors tu es ». Ça a l’air bête, formulé comme ça, mais ne nous y trompons pas, il y a plus de 7 milliards d’humains et autant d’interprétations de la réalité.

Lorsque nous regardons une chose d’un oeil, nous voyons la chose. Lorsque nous la regardons avec nos deux yeux, nous y ajoutons une troisième dimension.

Deux points de vue ajoutent la profondeur.

Plus nous aurons à disposition des points de vue différents et plus nous synthetiserons une vision globale entière. Cela permet d’écarter les croyances, les à-peu-près qui viendraient polluer notre discernement. En d’autres termes, ne nous contentons pas d’un seul son de cloche. Pour illustrer le propos, prenons un sujet qui est souvent traité avec légèreté.

L’élagage de l’arbre et sa nécessité

La question d’intervenir ou non sur un arbre mérite le détour et nous garderons à l’esprit que l’arbre réussit à s’en sortir depuis bien avant que nous n’arrivions sur Terre. Il serait prétentieux de se croire indispensable. Cependant l’inscription d’un arbre dans son environnement urbain oblige à l’intervention. Elle sera la conséquence du choix variétal ou de la pression urbaine. Entre laxisme et interventionnisme frénétique, il existe des gradients dans la gestion de l’arbre. 

Connaitre pour gérer

Cela semble d’une évidence évidente mais un arbre, c’est quoi ? C’est qui ? L’arbre est un végétal ligneux érigé. À son stade adulte, Il est constitué d’un tronc d’au moins 7 mètres portant un ensemble de branches.

L’arbre est un autotrophe. C’est-à-dire qu’il produit par ses propres moyens de la matière organique par réduction de matières inorganiques et/ou minérale. Pour comparaison, nous sommes des hétérotrophes, nous devons consommer d’autres organismes pour acquérir les constituants organiques nécessaires à notre métabolisme.

Mais voilà, l’arbre nous enquiquine. Chaque année, nous devons vider nos gouttières de ses satanées feuilles. Dès qu’il y a du vent, il bouge. Il recouvre d’une substance collantes nos voitures. Il détruit de ses racines nos trottoirs et nos routes. C’est un empêcheur de tourner en rond.

L’ignorance génère la peur qui devient violence.

Revenons à nos gouttières. Les usuelles sont d’un design ouvert tout à fait disposé à recueillir tout ce qui vole. Feuilles comme pigeons. Et si c’était le design qu’il fallait repenser ? Un exemple de possibilité ci-dessous.

maxresdefault

Un arbre bouge dans le vent, c’est même comme cela qu’il l’absorbe. Quand un arbre ne bouge plus, c’est qu’il est mort.

Les arbres recouvrent nos voitures d’une substance collante. Qui n’a jamais vu un arbre se précipiter juste après que nous ayons stationné notre véhicule ? Ils ne manquent pas de toupet. Dis comme ça, j’ai l’air d’enfoncer une porte ouverte mais avouez que ça ne vous avez pas traversé l’esprit. Savez-vous pourquoi ? Nous sommes conditionnés et ça remonte à très loin. Jusqu’à la bible pour être précis. Dans ce bouquin il est dit que le créateur nous fît à son image et que toute chose était pour notre plaisir, à notre service.

Je veux bien admettre qu’au moment de l’émergence de cette religion, le besoin d’un monde cohérent était nécessaire pour la santé mentale de tout un chacun. De surcroît, il était bien plus facile de faire adhérer à un mouvement de pensée quand celui-ci nous place au centre de tout. Mais maintenant ? Portons un regard objectif. Le monde est absurde. Il n’a pas de sens et ce n’est pas grave. Par contre, aller délibérément sous la pluie puis se plaindre que nous sommes mouillés, ça, c’est grave.

Enfin les racines qui détruisent tout. Viles scélérates ! À moins que … Réfléchissons. Nous savons qu’un système racinaire pourvoit à l’approvisionnement en eau, en divers éléments arrachés à la pierre et à l’ancrage de l’arbre. Alors, suivons le raisonnement, il a tout intérêt à envoyer ses racines en profondeur. Il le fait pour ses racines d’ancrage. Ses « nourricières » sont entre 0 et 60 cm de profondeurs. Elles sont en charge de la captation des éléments sous le sol.

Nous savons qu’un enrobé est une croûte sombre imperméable. Nous savons que la couleur sombre condense le rayonnement solaire et stocke la chaleur. Nous savons que l’eau est une matière pouvant avoir plus de huit états. Nous resterons au trois classiques. Solide , liquide , gazeux. Mettons tout cela en perspective :

Le soleil chauffe l’enrobé qui chauffe à son tour le sol. Le caractère imperméable crée des mini cocottes-minutes. La température monte. L’eau se trouve vaporisée. Remonte et se trouve bloquée par le couvercle qu’est l’enrobé. La nuit arrive, la température redescend. L’eau se condense et redevient liquide directement sous l’enrobé. Alors, posons-nous la question, pourquoi l’arbre irait s’embêter à aller chercher de l’eau plus ou moins à tâtons alors qu’il a de l’eau directement à porté ?

Il y a un autre phénomène également au niveau de l’ancrage. Faisons un parallèle avec une antenne très haute un peu comme les antenne-relais téléphoniques. Quand nous ne sommes pas en mesure de faire une embase suffisante, nous mettons en place des haubans qui viennent exercer des tensions sur la structure. Ce sont ces tensions diamétralement opposées qui permettent le maintien de la structure à l’instar des arcboutants des cathédrales. Alors quand l’arbre déploie son ancrage directement à la surface du sol c’est qu’il manque de sol profond.

Le débat est entier. Les questions découlent de la qualité du point de vue et de sa multiplicité. De là, naîtront les réponses évidentes.