Babel

Puisque nous sommes dans la diatribe depuis quelques temps, j’irais de la mienne.

J’abhorre l’hystérisme arboricole du moment. Je vomis ceux qui utilisent l’arbre pour s’approprier une visibilité. Je conspue ceux qui crient au scandale d’un abattage mais qui sont les premiers à étendre du goudron sur les racines de ces mêmes arbres pour garer leur bagnoles ou qui ne supportent pas une feuille d’automne sur leur mètre carré de béton. Tous ceux qui s’offusquent de l’abattage d’un être vivant mais qui donnent volontiers dans la torture en réduisant à tour de bras toutes les branches parce que la feuille bouche la gouttière. Alors on évacue l’eau quand il pleut et on pleure quand on est en sécheresse ? Jusqu’où iront-ils dans l’hypocrisie ? Jusqu’où irons-nous ?

Je parle de l’arbre mais parlons des services publics qui se meurent exsangues. Parlons de l’urbanisme qui s’étend encore et encore gagnant des terres cultivables. Parlons de l’agriculture conventionnelle qui est devenue de la production hors sol. Parlons des systèmes financiers qui mettent en esclavage pour ce fameux droit à la propriété. Parlons du social. Parlons d’humanisme. Nous achetons, à crédit, nos propres chaînes.

Je hais les égos surmultipliés par des réseaux sociaux cyclopéens qui s’occupent de ce qu’ils connaissent, eux, à savoir tenir leurs troupeaux de moutons qui déversent leurs biles dans l’immédiateté. Qui jalousent, qui crèvent d’envie mais qui ne font rien. Même les tours de Babel sont vouées à l’effondrement. Alors les autres …

L’humain vaut mieux que cela mais est-ce raisonnable d’être « civilisé » ? Devons-nous être raisonnables ? Rappelons-nous que le bonheur est un état d’esprit et non une possession.

Et vous… C’est quand la dernière fois que vous avez souris à un(e) inconnu(e) ?