Le piège de la bienveillance

Strangulation salvatrice, peut-être. L’enfer est pavé de bonnes intentions après tout. « Je pensais bien faire » est une défense ridicule lorsque l’intention prend sa racine dans l’absence de considération d’autrui.

Illustrons le propos avec une personne aidante que nous appellerons « Constantine » et une personne aidée que nous nommerons « Célestine ». Constantine fera ce qu’elle juge nécessaire pour le bien de Célestine comme si c’était pour elle-même. Constantine suppose que Célestine est comme elle et donc que le cheminement de résolution est le même. Constantine impose à Célestine sa solution. Célestine se sentant annihilée dans ce processus essaie de se dégager. Constantine conclue que Célestine ne veut pas être aidée.

En agissant de la sorte, Constantine a signifié à Célestine que son avis ne compte pas, qu’il ne vaut rien. Célestine n’osera plus protester de peur d’être à nouveau rejetée. Jetons le pavé dans la mare. Qui voulons-nous aider au final ? L’autre ou nous-mêmes ? Alors, nous, comment faisons-nous ?

Il suffit de se taire, d’écouter et surtout d’entendre pour aider Célestine. Aidons-la à formuler le questionnement. Mettre le mot juste. Verbaliser la chose. L’inconnu nous effraie. Le nommer le rend palpable, mesurable, appréhendable. Gardons-nous d’apporter toute solution. Écoutons Célestine plutôt que nous-mêmes puisque la première des aides est de la reconnaître pour elle-même.

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