Divagations

Certaines phrases, citations ou maximes ont une accroche particulière. Cela peut être à l’oreille, au coeur ou encore à la raison. L’une de ces phrases qui m’intriguent est:

« Aux innocents, les mains pleines »

La première interprétation que je pourrais en faire serait: « Aux justes, la félicité ». Un rapport à la religion sans doute. « Soit juste et humble »; « Dieu reconnaitra les siens » ; etc. De ce point de vue là, le juste serait récompensé dans sa vie d’après (en partant de point de vue de la chrétienté : la vie sur terre est le purgatoire). C’est effrayant. Passer une vie entière dans la souffrance d’un purgatoire et voir la mort comme une libération.

La seconde interprétation possible se repose, d’avantage, dans le rapport avec l’autre. Dans la dimension de justice. Innocent/coupable. Une vue binaire qui m’agace à plus d’un titre. Jean de la Fontaine en fait l’apologie dans « Les animaux malades de la peste ». Je ne saurais décrire, mieux que lui, la majesté du sytème qui fabrique ses coupables.

Nous arrivons à la troisième interprétation. Pourquoi avoir utilisé précisément le terme « innocent ». Les synonymes sont suffisants et ayant chacun un impact équivalent. Je cogite … Une expression éclate dans mon crâne: »L’innocent du village ». C’est plus joli que « l’idiot du village » . Le sens est le même. Alors ce serait ça … « Pour être heureux soyons bête » ? La glorification de l’imbécile heureux… Et le cogito ergo sum ?

Quoique … A bien y réfléchir. Ne pas se soucier est le meilleur moyen d’écarter l’ulcère. Quand nous avons notre conscience pour nous, nous dormons du sommeil du juste. Alors finalement, un idiot est quelqu’un de trop bête pour pouvoir penser à mal ?