Que dire ? Que penser ? Partout sur la toile, traînent des phrases comme celles-ci. Elles se veulent porteuses de vérité. Elles nous enjoignent dans un mouvement fédérateur autant que positif. À priori, c’est inspirant. À priori, car ce prêt-à-penser, véritable dispensaire à pensées profondes, apologie des Yfo-yaka, est un poison lent. Distillons mes bons !

Je me suis décidé à y aller. Décidé à trouver l’arbre qui cache la forêt. Le trouver ou tordre le cou à cette légende ridicule. Je me suis renseigné un peu. J’ai lu quelques livres et j’en ai discuté avec les anciens. Je sais que tout le savoir n’est pas consigné dans les livres. Je sais aussi que la transmission orale, à travers les contes et les chants est réelle. Même si elle s’est embellie au fil des siècles. Le socle véridique reste entier. L’approche scientifique triomphera.

L’atmosphère dans la pièce était lourde. J’étais assis dans le siège réservé aux visiteurs. Sur une étagère à trophées, à droite de l’unique fenêtre minuscule, finissait de mourir une misère. De l’autre côté, des étagères pleines de livres. Tout ça marinait dans un parfum d’alcool bon marché et de sueur des nuits blanches.